atelierestienne

LES NUITS DE LUCIE
BIENNALE DE LA LUMIERE DANS LES CHAPELLES DE PONT-SCORFF
MONKEYBIRD

TEMPUS EDAX, HOMO EDACIOR
4.5.6 + 11.12.13 DÉC 2020
VERNISSAGE — 4 DÉC 18H30
EN RÉSONANCE AVEC L’ATELIER D’ESTIENNE

“Le temps destructeur, l’homme plus destructeur encore.”
Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, III.
Hugo écrit : “Sur la face de Notre-Dame de Paris, de cette vieille reine
des cathédrales, a côté d’une ride, on trouve toujours une cicatrice :
Tempus edax, homo edacior ; ce que je traduirais volontiers ainsi : “Le
temps est aveugle, l’homme est stupide”. Débris qui sans cesse se
fragilise, continue de se desintégrer comme une dentelle de papier se
déchirerait petit a petit, la ruine témoigne de la fragilité du tout. Elle
illustre l’adage “Vanitas vanitatum” : passage destructeur du temps et
de sa faux, mais aussi folie destructrice propre aux hommes. C’est la
distinction que Chateaubriand opère dans le Génie du Christianisme
(entre oeuvres de l’érosion naturelle, et résultats du vandalisme et du
bellicisme humains). La ruine en effet rend sensible a l’esprit méditatif
le passage, le devenir, le processus : “Les idées que les ruines réveillent
en moi sont grandes. Tout s’anéantit, tout périt, tout passe. Il n’y a que
le monde qui reste ; il n’y a que le temps qui dure. Qu’il est vieux ce
monde ! Je marche entre deux éternités.” (Diderot, Salon de 1767)
Chateaubriand, dans le Génie du Christianisme, promeut en véritable
esthétique : “Les ruines sont plus pittoresques que le monument frais
et entier. Les ruines permettent d’ajourer les parois et de lancer au loin
le regard vers les nues, les montagnes”. En ce sens la ruine serait
comme le relais du regard sur le paysage. Le regard qui passe par le
crible de la ruine découvre un paysage surdétermine par tous les âges
qu’il a traverse. C’est face à la ruine, marque de l’éphémère humain,
que le paysage apparait d’autant plus souverain.

commissariat > Christian Mahé